The Wellnest x Psycoach : et si on arrêtait de se saboter?

Hello les nesties!

J’espère que vous allez bien. Moi c’est Charlotte et je suis Psychologue & Coach Bien-être Anthropedia. Je m’occupe de la Hotline et de l’organisation des cercles de parole avec notre très chère Aline et j’ai récemment commencer à écrire des articles en lien avec la santé mentale et le bien-être pour le Wellnest. Si vous avez râté le premier sur le lâcher-prise, ça se passe par ici. Le deuxième sujet que vous avez choisi est l’auto-sabotage. Vous avez été nombreuses à poser vos question et nous vous en remercions. J’ai essayé d’y répondre au mieux et j’espère que cet article vous permettra d’avancer dans votre compréhension de ce mécanisme.

Je reste à votre disposition si vous souhaitez approfondir ce sujet ou si vous avez des questions. Pour toute prise de rendez-vous, vous pouvez me contacter par téléphone au 0456 36 75 42 ou par mail charlotte_jacomet@hotmail.com.

Je vous souhaite une bonne lecture ❤️

Charlotte

Disclaimer : Cet article est le fruit de mes réflexions sur le sujet et n’a pas vocation d’être le dernier mot. Ces réflexions ne m’appartiennent pas et ont été nourries par mes études de psychologie, la formation de coaching Anthropedia, mes expériences de vie, mes rencontres, mon frère ainsi que de nombreuses lectures philosophiques et psychologiques. C’est un point de vue qui sera forcément incomplet et imparfait. Je vous encourage donc à faire vos propres recherches, à me contredire, à me compléter et surtout à vous observer et partir à la découverte de vous-même. Cet article ne remplace en aucun cas un travail thérapeutique donc n’hésitez pas à vous orienter vers un(e) professionnelle qualifiée si vous en ressentez le besoin. Vous verrez qu’il n’y a pas de recette toute faite car nous sommes toutes uniques et je suis persuadée que c’est en cherchant nous-mêmes nos propres réponses que nous pourrons nous émanciper et grandir dans le bien-être. Enfin, je tenais à vous remercier vous les nesties pour vos questions, Aline et la belle communauté Wellnest qui rendent tout cela possible.

Question : Quels sont les mécanismes de l’auto-sabotage? À quels besoins répondent-ils et comment s’en défaire?

Les causes de l’auto-sabotage sont multiples. La peur de l’échec, la peur de décevoir les autres, la peur du rejet, une faible estime de nous, la poursuite d’objectifs qui ne nous sont pas propres, le perfectionnisme ou encore nos croyances limitantes (attention liste non exhaustive) peuvent nous pousser à nous auto-saboter.

L’auto-sabotage peut paradoxalement servir à protéger notre ego. Si nous avons peur de l’échec, nous pourrons par exemple décider de préparer un examen en dernière minute ou de sortir la veille ce qui nous permettra de garder la face en cas d’échec et de pouvoir trouver une excuse qui ne remet pas en cause nos capacités. « Si j’ai raté c’est parce que je suis sorti hier et non parce que je ne suis pas intelligente ». Il en est de même pour la peur de décevoir les autres, en nous auto-sabotant nous ne prenons pas le risque de nous dévoiler pour ce que nous sommes vraiment et nous sauvegardons l’image que nous avons de nous-même. Ce mécanisme de défense nous permet de nous protéger face au risque de réactiver certaines de nos blessures profondes. La peur du rejet, par exemple, peut nous amener à rejeter les autres en premier pensant que cela nous protégera. Le perfectionnisme avec sa logique du tout ou rien (parfait ou raté) peut aussi nous amener à saboter ce qui ne peut-être parfait. Cette recherche de perfection peut donc nous inhiber dans nos décisions et actions car la poursuite d’un objectif irréaliste nous empêche de mettre en place des objectifs atteignables qui prennent en compte le compromis entre nos désirs et la réalité.

Cependant, l’auto-sabotage n’est pas qu’un mécanisme de défense. Le besoin de cohérence peut aussi nous amener à nous auto-saboter afin de confirmer nos croyances limitantes. Par exemple, une croyance du type « Je déçois toujours les autres » pourra nous amener à nous auto-saboter afin de confirmer ce que nous pensons de nous ou ce que nous pensons que les autres pensent de nous. Si nous avons une faible estime de nous, nous risquons de nous auto-saboter afin de maintenir la cohérence entre notre monde interne (ce que nous pensons de nous) et nos actions dans le monde externe.

Enfin, si nous nous sentons prisonnières d’objectifs qui ne nous sont pas propres, l’auto-sabotage peut nous servir à communiquer autrement qu’avec des mots. Ce mécanisme peut servir à marquer notre désaccord, attirer l’attention sur nos besoins ou sur des problématiques plus profondes ou encore tenter de résoudre un conflit.

Pour se défaire de l’auto-sabotage, nous devons d’abord comprendre quelles sont les causes de ce comportement chez nous afin d’avoir une meilleur conscience du problème. Elles seront différentes pour chacune. Une fois que nous aurons compris les causes et accepté la fonction de ce comportement pour nous, nous pourrons commencer à nous en libérer à travers des actions éclairées. C’est en partant à la découverte de nous-même et en essayant de comprendre l’origine du problème que nous pourrons commencer à essayer d’accepter la situation et lâcher prise sur nos combats afin de les transcender.

Question : On dit souvent que la fin de l’auto-sabotage commence avec une prise de conscience, mais j’en ai conscience depuis des lustres, même avant et pendant que je m’auto-sabote, mais il y a une part de moi qui prend presque un malin plaisir/ou qui feint le je-m’en-foutisme à m’auto-saboter. C’est de l’auto-sabotage conscient et en même temps, je rêve d’être libérée de mes pulsions… que faire ? Des astuces pratiques ?

Les expériences passées créent en nous des mémoires qui sont établies et maintenues dans notre cerveau sous formes de « schémas familiers ». Le vivant est toujours à la recherche de cohérence donc une fois ces « schémas familiers » établis, nous allons avoir tendance à percevoir et à réagir à notre environnement de manière à rester cohérente avec ceux-ci. En d’autres termes, notre cerveau va toujours chercher dans notre environnement des informations qui sont cohérentes avec nos mémoires passées, que celles-ci soient conscientes ou non. Ce qui explique en partie pourquoi les expériences de notre enfance façonnent nos réactions d’adulte et pourquoi il est si difficile d’enrayer un comportement bien ancré.

Quand nous percevons dans notre environnement externe ou interne une information qui est trop différente de nos « schémas familiers », notre organisme se met en état d’alerte et génère du stress car il détecte une incohérence. Donc, si nous nous sommes auto-sabotées pendant des années, même si nous avons conscience de ce mécanisme, nous aurons quand même tendance à le faire parce que c’est ce qui est cohérent et rassurant pour nous aujourd’hui. Par ailleurs, notre cerveau va toujours choisir la solution la plus économique et avoir tendance à rester dans ce qui est connu et «confortable» pour lui. Nos habitudes, même si elles peuvent parfois nous desservir sont des « autoroutes » bien tracées demandant peu d’effort et permettant des comportements automatiques qui, en plus d’être rassurants, sont très économiques au niveau psychique. Ce sont donc les voies privilégiées par notre cerveau qui traite déjà un nombre impressionnant d’informations à la minute. Sortir de ce pilotage automatique nécessite bien entendu que nous en prenions conscience et que nous mettions en lumières les forces inconscientes qui nous animent, mais ça ne suffit pas !

Ces vieux schémas influencent la manière dont nous percevons et réagissons à notre environnement. Puisqu’ils sont basés sur des souvenirs passés, ils ne nous permettent pas de voir la réalité telle qu’elle est aujourd’hui. Nous vivons constamment dans le passée et nions les changements inhérents à la vie. Elargir la conscience que nous avons de nous-même va nous permettre de mieux comprendre nos « schémas familiers » et les situations qui les déclenchent, mais il va aussi falloir que nous agissions afin de modifier nos vieux schémas et les rendre plus souples et plus proches de la réalité. Si nous voulons changer la manière dont nous agissons, alors il nous faudra répéter des actions qui à leur tour viendront modifier nos « schémas familiers ». Nous pouvons par exemple : nous fixer des objectifs atteignables qui vont nous permettre de renforcer la confiance que nous avons en nous-même et en notre capacité d’agir et de relever les défis, travailler nos croyances limitantes et changer le dialogue que nous entretenons avec nous-même, nous regarder et regarder les autres et le monde avec plus d’amour, de tendresse et de confiance, remettre du mouvement et de la fluidité dans nos vies et sortir de la logique du tout ou rien, ne pas oublier de prendre conscience de tous les beaux moments et des actions justes que nous réalisons chaque jour, prendre note des moments où nous ne nous auto-sabotons pas, reconnaître nos réussites et les choses qui vont bien dans nos vies et célébrer nos petites victoires quotidiennes… Il est important de travailler nos « schémas familiers » afin qu’ils soient plus proches de la réalité et que nous puissions établir de nouveaux référents internes plus justes et plus en accord avec ce que nous sommes, nous permettant de grandir et d’accompagner les autres dans le bien-être. La porte d’entrée nous permettant de changer nos schémas sera différente pour chacune d’entre nous, donc autorisons nous à être créatives et rappelons nous qu’il n’est jamais trop tard pour les modifier. Rien n’est figé et nous avons chacune, à chaque moment, la possibilité de nous réinventer et surtout, nous avons déjà en nous toutes les clés pour nous en libérer .

« Changer ne prend qu’un instant, c’est la résistance au changement qui prend toute une vie. »

Auteur inconnu

Question : quelles sont les relations entre la procrastination, la peur de l’échec et l’auto-sabotage ?

C’est la peur qui est à la racine de la plupart de nos difficultés. La peur de l’échec peut nous mener à procrastiner ou à nous auto-saboter. La procrastination peut aussi être une forme d’auto-sabotage.

Lorsque nous avons peur de rater, nous préférons parfois ne rien faire plutôt que de prendre le risque de trébucher, remettant sans cesse nos objectifs au lendemain. Finalement, le meilleur moyen de dépasser nos peurs est de les affronter. Un pas à la fois, comme disait Gandhi. La peur a une fonction de survie, c’est un signal d’alarme qui nous indique le danger ,mais dans notre vie quotidienne, nous sommes rarement en danger de vie ou de mort et c’est plus souvent une pensée irrationnelle qui nous empêche d’avancer. Quand nous nous autorisons à essayer, à dépasser cette peur de l’échec, nous réalisons que nous sommes bien plus capables que nous le pensions. Et si jamais nous trébuchons ce n’est qu’une nouvelle occasion d’apprendre, de grandir en conscience et de nous relever. Apprendre à relativiser l’échec et ne pas s’en servir pour nous rabaisser en tant qu’être humain est essentiel. Ce n’est pas parce que parfois nous ratons quelque chose que nous devons en faire une généralité et utiliser cette échec pour dévaloriser qui nous sommes. Rater quelque chose ne fait pas de nous des « râtées ». Le fait de rater peut nous amener à nous remettre en question et à nous améliorer sans pour autant nous faire tomber dans le misérabilisme et l’auto-critique incessante qui nous empêchent d’avancer. La vie est faite d’échecs, de réussites et de toutes les nuances qui existent entre les deux. Même si l’échec est vu d’un mauvais œil dans notre société, rappelons nous que l’émergence de la vie elle-même n’a été possible que grâce aux nombreux « échecs » qui ont permis l’évolution. L’échec est ce qui nous permet de voir les choses que nous souhaitons améliorer et les difficultés qu’il nous reste à dépasser. C’est ce qui nous permet d’évoluer. En procrastinant, nous nous retrouvons parfois à manquer du temps nécessaire à l’atteinte de nos objectifs donc nous nous auto-sabotons. Nous minimisons nos chances de réussite, ce qui pourra servir à confirmer nos croyances limitantes, à protéger notre égo ou encore à signifier quelque chose à notre entourage. Parce que nous avons peur de l’échec, nous préférons nous auto-saboter plutôt que de nous confronter à nous mêmes, à nos limites, à nos zones d’ombres mais aussi à notre potentiel et à toutes les choses que nous pouvons apporter à ce monde.

Question : J’ai le sentiment que lorsque je ne me sabote pas, c’est de l’ordre de l’exceptionnel et je n’arrive pas à m’en féliciter. Je me demande aussi si ce n’est pas simplement fatiguant d’être « à la hauteur » ou de « faire mieux » ?

La reconnaissance de nos propres réussites dépend du niveau d’estime que nous avons de nous-même. Si nous avons une faible estime de nous, nous aurons tendance à attribuer nos réussites à la chance ou à des causes extérieures. Par contre, nous nous sentirons pleinement responsables de nos échecs et les utiliserons pour nous dévaluer et nous conforter dans la mauvaise image que nous avons de nous-même. La première étape est donc de retrouver une estime plus juste de nous-mêmes sans tomber dans l’excès d’égo ou dans le misérabilisme. Si nous nous dévaluons en permanence, nous ne nous regardons pas pour ce que nous sommes et cette image que nous avons de nous-même viendra colorer négativement l’ensemble de nos expériences. Puisque l’être humain est toujours à la recherche de cohérence, si nous avons une mauvaise image de nous, nous chercherons à confirmer cette image à travers la manière dont nous percevons, ressentons et réagissons à nos expériences et à notre environnement. Ce qui pourra nous amener à nous auto-saboter. Personne n’est parfait et tous les être humains ont leurs forces et leurs limites. Apprendre à reconnaître nos qualités pour ce qu’elles sont mais aussi avoir l’humilité de reconnaître nos limites nous permettra d’avoir une vision plus juste de nous-même et de notre réalité. Quand nous sommes constamment en train d’essayer « d’être à la hauteur » ou « de faire mieux », nous entrons en combat contre nous-même car nous ne nous acceptons pas pour ce que nous sommes. Ce combat est épuisant car nous sommes en séparation avec nous-même et la réalité. Nous nous focalisons sur ce que nous devrions être plutôt que de regarder où nous en sommes aujourd’hui avec toute la tendresse, l’amour et la compassion que cela nécessite. Au lieu de gaspiller cette énergie dans le combat, commençons à travailler avec qui nous sommes, et à mettre en place des petites actions quotidiennes qui nous rapprocheront de nos objectifs. Autorisons nous à exister et à reconnaître que chaque être humain est suffisant par le simple fait qu’il est vivant.

Question : Est ce qu’il y a une différence entre vouloir atteindre un but qui nous est propre et vouloir atteindre un but qui nous semble nôtre mais ne l’est que par le biais de la société ou la socialisation?

Il y a une différence entre vouloir atteindre un but en lien avec nos valeurs et nos aspirations profondes et atteindre un but pour être en adéquation avec les croyances de notre entourage ou de la société. Si le moteur vient de l’extérieur de nous, c’est un peu comme si nous demandions à une voiture à essence de démarrer avec le moteur d’une diesel. La voiture aura du mal à démarrer et risquera peut-être même d’exploser (j’y connais rien en mécanique but you get the idea 😅). Si nous agissons uniquement pour répondre aux besoins ou aux désirs des autres, nous nous privons de notre liberté et nous risquons de nous sentir coincées et d’avoir du mal à avancer. Questionnons-nous sur les choses que nous voulons vraiment faire et sur nos moteurs. Qu’est ce qui nous pousse à agir? Agissons-nous pour répondre aux demandes extérieures ou en réponse à une croyance limitante? Ou agissons-nous car nous souhaitons atteindre un but qui nous tient réellement à coeur? Sommes-nous animées par l’amour et l’espoir ou par la peur et le désir excessif?

L’auto-sabotage peut aussi être une façon d’exprimer notre désaccord ou de signaler une détresse. Si nous subissons une pression importante de notre entourage, nous pouvons nous auto-saboter soit parce que nous ne voulons pas répondre à leurs attentes soit parce que cette pression nous paralyse. Par exemple, un enfant dont les parents ont sur-investi la scolarité peut se mettre à rater soit pour les confronter soit parce que la pression est si forte qu’elle inhibe sa capacité d’action. Cela peut aussi être une façon de leur signaler qu’il y a d’autres besoins qui sont plus importants pour lui (soutien émotionnel, écoute…) qui ne sont pas remplis pour le moment. Lorsque nous n’arrivons pas à verbaliser certaines choses, l’auto sabotage peut être une forme de communication indirecte, une tentative de créer ou résoudre des conflits. C’est par exemple le cas d’un employé qui sabote son travail car il souhaite le quitter mais n’ose pas démissionner. C’est en apprenant à nous connaître, à reconnaître nos désirs profonds et à les communiquer dans l’amour et le respect, mais aussi en rompant les chaînes qui nous empêchent de les atteindre que nous pourrons nous alléger et vivre des vies plus harmonieuses.

C’est tout pour aujourd’hui les filles, à bientôt pour un nouvel article 😘

Charlotte AKA Psycoach ♥️

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